- Le circuit :
L'endroit n'a plus rien à voir avec les légendaires 22,5 km et ses 174 virages magnifiés par Fangio et sa Maserati, en 1957. Niché au coeur du massif de L'Eifel dans le froid, le brouillard et peut-être la pluie, le nouveau "ring" est la conséquence sécurisée et aseptisée de l'accident qui failli coûter la vie à Niki Lauda en 1976.
Ce tracé sans caractère ennuie beaucoup de pilotes car aucun virage ne représente réellement un défi, même si l'entrée de la portion de 853 m ajoutée en 2002 devrait encore tenter les risque-tout au bout de la ligne des stands. Un peu de plaisir cependant dans le relief.
Définir les bons réglages, afin de combattre le sous-virage, est compliqué dans la mesure où les conditions météo sont très changeantes. Les pneus ne souffrent pas sur ce bitume peu agressif. Les voitures doivent en revanche être bien suspendues pour passer la bordure dans la dernière chicane.
L'altitude (quelques 500 m) induit une perte de puissance moteur de l'ordre de 5%.
Record du tour : 1:29.468 - M. Schumacher (2004)
- Données techniques :
Niveau de grip : 3/5
Plein régime (%) : 63.2
Effet carburant : 0.38 (s/10kg)
Conso. d’essence : 2.36 (kg/tour)
Utilisation pneumatiques : 3/5
Puissance de freinage : 4/5 - L'an dernier, à Hockenheim :
Course :
- Présentation du GP 2011 :
- Red Bull Racing
"L'un des premiers objectifs d'un pilote de Formule 1 est de gagner son Grand Prix à domicile. Bien sûr, vous vous donnez toujours à 100% mais il y a toujours un peu plus de motivation dans ces cas-là, simplement parce que l'on se sent chez soi. Cette année, nous sommes de retour sur le Nürburgring qui est l'une des pistes les plus modernes. J'aime particulièrement le passage entre le virage Ford et le 180° dans la vallée. Le virage Warsteiner est difficile car il y a un gauche prononcé avant. Le meilleur endroit pour doubler, c'est avant la chicane NGK, un gauche droite exigeant. Ici, on peut doubler au freinage. Le massif de l'Eifel est particulier parce que le temps peut s'y avérer changeant."
"En fait j'y étais encore il y a deux semaines pour m'amuser sur la Nordschleife (l'ancienne piste du Nürburgring). C'est la piste la plus incroyable au monde. J'y piloterai à nouveau cette semaine pour Renault avec des passagers. La météo est souvent imprévisible dans ces montagnes et si la météo s'en même il va encore falloir prendre les bonnes décisions très vite. Ce Grand Prix et celui de Hongrie dans une semaine sont les plus proches du siège de Red Bull. L'équipe sera soutenue et en particulier Sebastian et tous les pilotes allemands. Les fans sont incroyablement passionnés. Ils viennent camper ici et on entend de la musique toute la nuit même dans notre hôtel."
Traduction par ESPNF1.com
- Lotus Renault GP
Vous avez inscrit quatre points à Silverstone. Un résultat correct compte tenu du week-end difficile pour l’équipe ?
Définitivement, ce n’est pas ce que nous espérions. Mais si vous considérez les soucis que nous avons rencontrés le vendredi et le samedi, avec une 16ème place en qualifications, terminer 8ème le dimanche était le mieux que je pouvais faire. En fait, cela a été une course plaisante, avec quelques bonnes bagarres. Nous avons eu aussi des conditions météo intéressantes avec une piste humide au début et sèche ensuite. Cela dit, quatre points, cela ne correspond pas à nos objectifs. Nous devons en marquer plus, nous en méritons plus et nous devons nous activer pour que cela arrive. Je crois vraiment que nous serons capables de marquer un plus grand nombre de points lors des prochaines courses parce que des développements intéressants vont être installés sur la voiture.
Vous serez devant votre public au Nürburgring. Est-ce toujours spécial pour vous de courir en Allemagne ?
Oui, c’est toujours spécial, aucun doute là-dessus. Beaucoup plus de fans sont là pour me soutenir et particulièrement au Nürburgring, j’ai tellement de bons souvenirs de course sur ce circuit. J’y ai appris à faire du vélo, mais aussi conduit un kart et fait de la luge. J’ai également remporté quelques courses dans les formules juniors et bien sûr, j’ai signé ici ma première pole position en Formule 1. Alors revenir ici, c’est remonter l’allée des souvenirs.
Le public allemand est-il enthousiaste ?
Les Allemands sont très enthousiastes et ils ont toutes les raisons de l’être. D’abord avec Sebastian (Vettel) qui est en tête du championnat et ensuite parce que les pilotes allemands sont nombreux au départ. Je suis fier d’être l’un d’entre eux et de représenter Lotus Renault GP sur la grille.
Qu’espérez-vous de la voiture pour cette course ?
James Allison l’a confirmé, de gros développements arrivent, beaucoup plus importants que lors des courses précédentes. Une énorme quantité de travail a été accomplie en soufflerie et je fonde de gros espoirs dessus pour que nous fassions un vrai bond en avant. Il nous a fallu montrer de la patience lors de deux courses difficiles dernièrement (Valence et Silverstone). Mais maintenant, c’est le moment d’avancer et de nous battre de nouveau avec les top teams, ce qui est notre place.
Quel est votre objectif pour cette course ?
Comme toujours, donner le meilleur de moi-même. J’espère que la voiture sera bien et que nous pourrons à nouveau nous qualifier dans le top 10 (exactement là où nous devrions être). Ensuite nous pourrons améliorer notre position au championnat des constructeurs. Il va falloir se battre contre Mercedes qui vient juste de nous dépasser, mais nous savons que nous sommes plus que capables de finir quatrième cette saison.
Vitaly, comment résumeriez-vous votre week-end au GP de Grande-Bretagne ?
C’était une expérience fantastique parce qu’il y a tellement de fans au GP de Grande-Bretagne, tellement de gens passionnés, et puis c’était notre course à domicile. Malheureusement, nos performances n’ont pas été fameuses pendant ces trois jours. Les qualifications ont été mauvaises avec la 14ème et la 16ème places, bien en-dessous de nos possibilités. Le temps humide ne nous a pas favorisés et le changement de règlement (gestion moteur) a eu clairement un impact. Pendant la course, j’ai pris un départ correct, mais j’ai eu du mal avec les pneus et la voiture était pratiquement inconduisible sur le mouillé. Avec les intermédiaires, je n’avais aucun grip et j’ai été simplement dans l’incapacité de résister aux autres pilotes, dont Michael (Schumacher). Quand la piste a séché, j’ai pris mon rythme mais ce n’était pas suffisant parce que nous aurions eu besoin d’une voiture plus performante. Aussi j’ai été déçu parce que je pensais que les courbes rapides nous conviendraient. Maintenant, j’espère que nous avons compris ce qui n’a pas fonctionné et que nous repartirons du bon pied en Allemagne.
Vous étiez en Russie cette semaine pour le Formula Sochi Festival. Comment était-ce ?
J’ai vécu des moments fantastiques à Sochi en effectuant une démonstration avec la R30 de l’année dernière devant tous les fans russes. Cela a été une expérience extraordinaire pour moi parce que j’ai pu montrer à mon public ce qu’était vraiment la Formule 1. Ce qui était bien c’est que j’ai pu leur parler de sport automobile, leur montrer à quel point la voiture va vite et vraiment leur apporter le sport chez eux.
Étiez-vous fier de pouvoir apporter la F1 à vos supporters ?
Je crois que c’était très important de venir à Sochi et de montrer tout ce que ce sport peut offrir. La Formule 1 devient plus populaire dans mon pays et nous aurons bientôt un Grand Prix de Russie (2014). Alors c’est le bon moment pour dire ‘regardez, voilà ce qu’est la F1!’
Quelles sont vos attentes pour le GP d’Allemagne au Nürburgring ?
L’an dernier, le GP d’Allemagne se déroulait à Hockenheim, alors cette année au Nürburgring, ce sera différent. La météo peut être variable ici, ce qui aura encore une influence, mais l’important est d’avoir un très bon réglage sur la voiture. Comme toujours, l’efficacité aérodynamique sera la clé. La voiture n’a pas donné la performance dont nous la savons capable et elle était hors du coup lors des dernières courses. Alors il nous faut rapidement rectifier cela pour remettre notre saison dans le bon sens. Par ailleurs, il est très important d’atteindre la Q3 pour pouvoir marquer plus de points le dimanche après-midi
Vous espérez quoi au minimum pour les deux prochaines courses ?
Encore une fois, nous viserons un nombre de points maximum. Mais il faudra s’appliquer tout le week-end et élever nos performances dès les premiers essais libres et jusqu’à la course. Depuis Silverstone, nous avons fait de gros efforts pour nous donner les meilleures chances possibles en vue du Nürburgring. La rapidité avec laquelle nous introduisons nos nouveautés est le facteur crucial de notre réussite et je suis convaincu que ces améliorations porteront leurs fruits en Allemagne.
Décrivez le Nürburgring en trois mots :
NH: Beaucoup de bons souvenirs !
VP: Météo variable, forêt !
Restaurants et bars favoris ?
NH: Au Nürburgring, il n’est question que de course, de course et encore de course!
VP: Il y a beaucoup d’endroits où j’aime aller diner en Allemagne, mais ce week-end, c’est travail, travail, travail !
Que pensez-vous du circuit ?
NH: J’aime bien le nouveau tracé, mais bien sûr, l’ancien est vraiment spécial avec la Nordschleife.
VP: Très technique et difficile, mais j’aime courir ici.
Meilleur souvenir au Nürburgring ?
NH: Ma pole position et la deuxième place dans la même course.
VP: Les courses en GP2.
Éric, un dur week-end pour la course à domicile…
Oui et il y avait un sentiment de déception général dans l’équipe. Cela dit, c’était bon pour Nick de revenir de la 16ème place de la grille à la 8ème sous le drapeau à damier, une course positive et pugnace de sa part. A Silverstone, nous n’avons pas été capables de nous rétablir de la mauvaise période que nous traversons. Mais depuis, nous avons continué à faire de gros efforts à l’usine pour améliorer la situation. De bons développements arrivent, ils n’étaient malheureusement pas disponibles pour Silverstone, mais ils seront prêts pour le Nürburgring. Je suis très confiant, ils vont apporter un plus en performance et nous rapprocher de là où nous devons être.
Nick a pu réaliser une des performances dont il a le secret pour remonter au classement…
Oui, Nick est bon dans cet exercice. C’était bien de remonter au classement comme il l’a fait et nous avons été soulagés de grappiller quelques points supplémentaires, même si Mercedes GP nous a pris la quatrième place au championnat. Nous chercherons à la récupérer au Nürburgring.
A-t-il été difficile de maintenir le moral de l’équipe ces derniers temps ?
C’est toujours difficile, surtout quand les résultats se font attendre. Mais j’apprécie cet aspect des choses. Mon rôle, en tant que Team Principal, est de rassurer les gens, de maintenir un moral élevé et de leur donner des objectifs réalisables. C’est une des parties les plus compliquées de mon travail parce qu’interviennent les rapports humains, des problèmes politiques et sportifs et que vous aurez toujours de bons et de mauvais moments. Néanmoins, le principal est de garder notre cohésion et d’atteindre les sommets dont nous nous sentons capables.
Pouvons-nous attendre des progrès sur la voiture en Allemagne ?
Oui, très certainement. Quelques modifications sur la voiture vont y aider considérablement. Pour la partie course, nous ne devons rater aucune opportunité. Nous savons que nous n’avons pas été assez rapides récemment, mais tout le travail effectué va finir par payer. Il doit payer.
Encore deux courses avant la pause d’août. Que pouvons-nous attendre de l’équipe ?
Nous devons absolument rattraper Mercedes GP qui nous a pris la quatrième place au championnat des constructeurs, ce qui est notre objectif cette année. Nous pouvons faire des changements techniques considérables et nous pourrions aussi utiliser un nouveau système d’échappement, ce qui reste encore à évaluer. Il y a beaucoup de choses à voir, mais nous devons faire des progrès au cours des deux prochaines courses.
Dans l’ensemble, quelles sont les leçons du GP de Grande-Bretagne ?
Tristement, juste le simple fait que nous ne sommes pas assez rapides en ce moment, malgré un léger redressement pendant la course.
Que pouvons-nous attendre en Allemagne ?
J’espère que nous assisterons au début de notre retour à la respectabilité avec une bonne série de modifications sur la voiture.
Quelles diffcultés présente le Nürburgring ?
Le Nürburgring ne présente pas de difficulté extraordinaire, mais il donne une estimation juste de la performance de la voiture. L’aspect le plus inhabituel du Nürburgring vient du fait que nous n’y allons que tous les deux ans. D’habitude, nous consultons les notes de l’année précédente avant de nous rendre sur un circuit mais dans le cas du Nürburgring elles datent de deux ans et sont donc moins utiles dans la préparation. Exemple: la dernière fois, aucune voiture ne disposait d’un diffuseur soufflé.
Après un brillant début d’année, la performance de la voiture a décliné, comparée aux concurrentes. Comment l’expliquez-vous et comment y remédier ?
C’est facile à expliquer, beaucoup moins facile à corriger. La F1 est un sport notoirement dur où les teams sont très compétents et tirent le maximum de chaque fibre pour essayer de progresser. Progresser lentement revient à reculer et nous avons progressé trop lentement. Mais si l’analyse est facile, trouver les solutions pour remédier à cela ne l’est pas. J’ai confiance, nous allons apporter ces solutions sans tarder, mais je préfèrerais laisser parler la voiture lors des prochaines courses plutôt que de révéler exactement ce que nous prévoyons d’apporter en piste.
Pouvez-vous expliquer l’amélioration de la soufflerie et son impact sur l’avancée des développements?
Cette amélioration nous a permis de passer d’un modèle réduit à 50% à un modèle à 60%. Cela n’a l’air de rien, mais n’importe quel aérodynamicien approuverait devant la forte amélioration en quantité de travail que cela apporte.
Nous les appelons “modèles réduits” mais le mot ne leur rend pas justice parce qu’il évoque un jouet. Les modèles de soufflerie F1 sont presque aussi compliqués et quasiment aussi chers que leurs homologues à taille normale. Ce sont de magnifiques pièces d’ingénierie et cela demande beaucoup au département aéro pour trouver le temps de prendre en compte une telle modification sans compromettre le développement de la voiture.
En plus du modèle, des changements sur l’infrastructure du tunnel doivent être mis en place. Nous avons dû modifier le système de montage pour le modèle et les roues pour nous adapter au nouveau dessin. Nous avons été obligés de développer des nouveaux systèmes de mesure électroniques pour nous adapter aux plus fortes charges. Comme chaque pièce est 20% plus longue, a une surface augmentée de 44% et un volume supérieur de 73%, il a fallu adapter notre système de fabrication pour être sûrs de toujours pouvoir soutenir le débit de milliers de composants à tester en soufflerie au même rythme qu’avec leurs prédécesseurs à 50% beaucoup plus petits.
Pour finir, nous avons dû modifier la partie dynamique du tunnel pour l’adapter au nouveau modèle. Cela impliquait d’arrêter la soufflerie pendant 12 jours, de démonter la partie dynamique jusqu’à ce qu’il ne reste que le squelette et ensuite de la reconstruire aux normes du nouveau modèle. C’est un lourd budget de travail mais je suis fier que nous ayons réussi à l’achever sans autre impact sur le programme que la perte de 12 jours de développement. Je suis également content que les semaines qui ont suivi son installation aient justifié l’investissement parce qu’elles ont été très riches en termes de gain d’appui. Notre but maintenant est de traduire ces gains sur la piste.